Anne-Charlotte Finel fait la quadrature à Melbourne, Australie.

Le programme Restless d’Anne Charlotte Finel sera lancé en janvier 2018 sur quatre écrans à Melbourne. Les écrans géants de Federation Square, Bunjil Place, Harmony Square et Liverpool accueilleront les oeuvres : Mur, Planétarium et Molosses pendant 6 mois.

Anne-Charlotte Finel crée des vidéos susceptibles de connaître des mues successives, voire d’être interprétées par d’autres artistes.

La notion de collaboration est chez elle primordiale ; ainsi en est-il pour la composition originale des musiques accompagnant chacune de ses œuvres. Ses images, quant à elles, sont reconnaissables à leur grain puissant et aux couleurs altérées, à la limite du noir et blanc. L’artiste a en effet choisi de travailler dans un entre-deux permanent : « Je réalise mes vidéos la nuit, à l’aube, au crépuscule ou à l’heure bleue. » Une période incertaine, mystérieuse, où tout est comme en suspens.

Cet entre-deux est aussi géographique, à la lisière entre ville et campagne, un paysage transitoire à arpenter du regard, et récurrent dans la pratique de l’artiste. Elle cherche à créer « des images s’éloignant d’une réalité qui serait trop crue, trop définie », des images lentes, quasi oniriques, semblables à un motif abstrait.

Les êtres humains, présents de loin en loin dans ses premiers travaux, tendent à disparaître complètement ; laissant la place à la nature, avec des traces urbaines sous-entendant néanmoins leur existence.

Dans ses œuvres les plus récentes, Anne-Charlotte Finel effectue des recherches sur les eaux habitées : lac artificiel, réservoir…

Elle a ainsi filmé des chutes d’eau, transformant leur mouvement vertical en une image hypnotique. Son intérêt reste vivace également pour la question de la perte des repères – elle a de cette manière suivi des chiens blancs, devenant de simples lueurs dans l’obscurité naissante du soir. Dans les deux cas, l’artiste, qui crée toujours à partir d’une vision, d’une image fugitive, nous pousse à imaginer des mondes cachés – car « l’obscurité permet de mieux voir ».

 

Daria de Beauvais, Catalogue du Salon de Montrouge 2016