Cécile Paris

Vit et travaille depuis 1970.
Moins les personnages, restent les figures.
Moins le montage, reste le plan.
Moins la parole, reste la musique.
Moins le son, reste la musique.
Moins le film, reste le mouvement.
Moins le jeu, restent les actes.
Moins les actes, restent les gestes.
Moins la psychologie, restent les gestes.
Moins la psychologie, restent les expressions.
Moins les comportements, restent les détails.

 

Moins l’histoire, reste l’apparition.
Moins l’histoire, reste la disparition.
Moins l’histoire, reste la rêverie.
Moins les explications, restent les moments.
Moins les discours, restent les moments.
Moins les paroles, restent les regards oh mais à peine.
Moins les passants, les habitants, restent les paysages.
Moins le drame, reste le banal.
Moins le visage, reste une silhouette qui glisse et s’enfuit dans la nuit.
Moins le western, reste un cow-boy usé en panoplie de portier.
Moins la technologie, reste un tourne disque hors d’état.
Moins la nostalgie, restent parfois des traces du passé pour flotter à la surface du réel.
Moins le clip, reste la durée.
Moins le skateboard.
Moins la veste.
Moins le dénouement, reste un autre monde.
Moins les uniformes, restent les hommes.
Moins la communauté, restent les individus.
Moins les autres, reste la solitude.
Moins les rapports, reste la solitude.
Et chacun s’en retourne à sa vie.
Et chacun s’en retourne à sa vie.
Et chacun s’en retourne à sa vie.
Texte de Pierre Ryngaert
2008