Didier Fiuza Faustino sur l’écran géant Caszuidas, Amsterdam.

Pour la deuxième année consécutive, Videospread est fournisseur de contenus pour l’Ecran géant Caszuidas à Amsterdam en Hollande. Elle amorce un nouveau cycle de diffusion entre Juillet 2010 et Juin 2011 autour d’un projet monographique par Didier Fiuza Faustino.

 

(G)host in the (S)hell

– Texte de Céline Saraiva –

L’image d’un homme torse nu qui nous fait face et nous regarde. Il s’agit ici de l’artiste/architecte Didier Fiuza Faustino. La frontalité du cadrage, de même que l’absence de décor encerclent ce corps et l’intronise d’emblée comme un possible « modèle ». En clair :celui du créateur. L’homme se met à mâcher du chewing-gum, qu’il colle ensuite maladroitement sur son visage. De la répétition du geste, se forme un masque, une sorte de greffe  « hand made » d’une seconde peau difforme et montreuse. A la manière des autoportraits angoissés du peintre Francis Bacon, la figure se montre ravagée, tordue et disloquée. Mais à quelle fin ?

Bien au delà d’une quête unique visant à altérer sa propre image, la figure du créateur ainsi parée de son hideuse cagoule, devient multiple au point de créer une ambiguïté dans la définition de son identité. Et c’est précisément par ce « trouble » que l’artiste s’emploie à vérifier l’hypothèse d’une légitimité de l’art qui s’incarne ici dans une ambivalence entre l’évidente beauté d’un corps dénudé et normé et la supposé monstruosité de son double. Mais, tout comme dans le roman de Robert Louis Stevenson, Dr Jekyll et Mr Hyde, le dénouement n’est pas si simple et c’est justement avec cette prétendu dualité du beau et du laid, du bien et du mal qu’il importe de composer.