Michel Klöfkorn sur le Caszuidas à Amsterdam.

Pour la quatrième année consécutive, Videospread est fournisseur de contenus pour l’Ecran géant Caszuidas à Amsterdam en Hollande. Bouclant une exposition de l’artiste Guillaume Paris, le mois d’avril accueillera les oeuvres de Michel Klöfkorn.

Fragments

 

-Texte de Sarah Carrière-Chardon-

 

Michel Klöfkorn propose deux de ses dernières créations personnelles pour Videospread à la diffusion sur l’écran Cazsuidas à Amsterdam. Liquid Paper et n.n ont de commun la technique du stop motion. Un temps arrêté qui pourtant chez Michel Klöfkorn est entrainé dans un processus que rien ne semble pouvoir freiner.

 

Liquid Paper

 

Profusion d’images et de magazines, omniprésence des médias. Au fil de ces pages, le mouvement, la couleur, le flux d’informations visuelles, au creux des ces pages, des découpes, des formes se dessinent et passent de la géométrie d’un carré, d’une étoile, à la figuration d’une grue marchant, d’un avion décollant, de tout un univers découpé dans la matière qui prend vie sur l’oeuvre en mouvement perpétuel.

 

n.n

 

Michel Klöfkorn offre au premier regard une respiration contemplative de la nature. A peine, est-on pris dans le rythme doux et poétique de paysages crépusculaires qu’une frénétique armée de petits êtres hybrides fait son entrée pour tout dévaster sur son passage. Entre mini robots et fourmis géantes, Michel Klöfkorn a détourné les piques anti pigeon placées sur les bâtiments dans l’espace public. De son expérience dans le documentaire animalier, il a su retenir toute l’observation réaliste des postures animales et des cadrages oscillant entre macro et microcosme, du clip et de la publicité, un montage aussi précis qu’efficace. A la limite du court métrage, n.n a reçu le prix de la «German Competition» à Oberhausen en 2009. Alternant les plans marquant le temps qui passe au fil de la lumière qui décline, de la fonte des glaces, de nuages qui ondoient le long de collines, et l’invasion de cette nouvelle espèce; cette horde apocalyptique qui achève définitivement une nature technicisée à l’outrage, et marque l’avénement d’une technologie naturalisée. Eschatologie toute esthétique soit-elle, cette création de la destruction donne à voir un monde qui au fil des croisements, se serait passé de l’humanité.