Pia Lindman

Vit et travaille à New York, USA et Berlin, Allemagne.

Ma démarche artistique se développe autour des notions de contexte social et d’espace, liées à la performance artistique et l’expérience du vécu de celle-ci. L’intérêt que je porte à l’espace social me vient essentiellement de mes études d’architecture qui m’ont ensuite amené à poursuivre un cursus au MIT (Massachusetts Institute of Technology) où j’ai eu l’opportunité de collaborer avec des artistes intervenants dans l’espace public comme Dennis Adams et Krzysztof Wodiczko, ainsi que Joan Jonas, artiste performeur.

Tout en prenant en compte les caractéristiques politiques et économiques d’un endroit, mon point de départ sera celui de la création liée à ce lieu spécifique. Je crée ainsi des espaces de tensions, de réinterprétations de données culturelles, physiques et émotionnelles ; par exemple la rencontre entre la tradition finnoise du bain et la sensibilité des Américains face à la nudité. Par mes interventions, mettant directement le spectateur en situation de réaction par rapport à une pratique sociale choisie et particulière – comme le Public Sauna au P.S.1 à New York en 2000 – je tente d’une part de provoquer des réactions chez les passants par rapport à une situation précise, et d’autre part de susciter une remise en question des notions de corporalité et d’espace public.

La vidéo me permet d’intervenir sur le plan de la performance – en les filmant – et devient ensuite partie intégrante de mon travail. En résidence au World Financial Center, voisin du site des anciennes tours du World Trade Center, j’ai submergé une caméra vidéo dans le port pour créer un point d’entrée dans un site qui est devenu impénétrable et source de paranoïa depuis la tragédie du 11 septembre. Traçant un ‘axe d’architecture fantôme’, j’ai poursuivi ce travail en enrichissant cette série de captation dans les rivières Spree à Berlin et Wiesla à Varsovie.

Tout comme ma pratique de la vidéo, mon approche du dessin est imprégnée de la pratique de la performance. Après m’être filmé rejouant des scènes de deuil de photographies du New York Times, j’ai dessiné ces postures à partir de captures d’images de la bande-vidéo. Par l’exposition des deux supports – le dessin et la performance filmée – je tente de mettre en lumière les liens existants entre une photographie, le message qu’elle porte et la notion d’un contenu unique et original, et en ce cas précis, la réaction des hommes face à une situation de terrorisme.