Videospread à Melbourne, Australie.

Videospread a le plaisir de vous présenter le programme «Borderline» sur les écrans géants de Federation Square à Melbourne, Australie, entre le 28 février et le 28 mai 2008 (The Big screen et The Atrium screen).

 

Cette série de diffusions vient en amont d’un cycle de conférences qui abordera le thème du «potentiel des écrans dans l’espace public». Cet évènement est produit à l’initiative de l’organisation berlinoise UrbanScreens* fondée par Mirjam Struppek.

Pour davantage d’information sur les horaires de diffusion veuillez consulter le site de Federation Square à l’adresse suivante :

http://www.federationsquare.com (rubrique : Fed Square Programs)


Borderline

Une ouverture sur le monde, un lien vers le pays quitté pour accéder à une vie meilleure, un prétexte pour se retrouver autour d’un évènement sportif ou musical et dans tous les cas festif …  c’est ce que représentait la télévision introduite dans les espaces publics – pubs et bars essentiellement – il y a plus d’une soixantaine d’années dans les Etats-Unis d’après-guerre.

Dès les années ’40 les contenus sont ciblés selon l’endroit de diffusion. Au domicile, où un public essentiellement féminin est visé, on préfèrera une programmation de films et de publicités de produits ménagers. Au pub, largement fréquenté par un public masculin, l’évènement sportif et la publicité pour des marques de bières seront privilégiés.

Cette réalité sociale et économique qui est la base de la réflexion et de la production de contenu télévisuel a évolué avec son temps et a généré la production d’un nombre astronomique d’émissions thématiques – cinéma, cuisine, voyage, information…- qui participent toutes à la surenchère de contenus disponibles sur les chaînes câblées, hertziennes et numériques.

Les artistes ont tôt fait usage de cette matière comme point de départ de leur travail, avec une lisibilité plus ou moins évidente du passage de la réalité à la fiction, de la citation ou de l’emprunt à des modèles d’émissions télévisuelles comme sujet  et corpus de leur oeuvre.

Cette manipulation de l’image – du contenu de l’image et donc de son sens – et son introduction « subversive » dans l’espace public met directement en cause la logique des modèles actuels qui régissent les systèmes et réseaux de diffusion existants – télévision, réseaux publicitaires dans les espaces publics…- et pose directement la question de l’ouverture de ces espaces de diffusion à un contenu plus large que celui actuellement proposé, qui est en quasi totalité destiné à des fins commerciales et de divertissement.

Le programme Borderline propose une balade dans un univers oscillant entre réalité et fiction – retransmission d’un événement sportif, documentaire, émission de télé-réalité, enquête/reportage – et questionne notre rapport à une programmation traditionnelle qui offre une satisfaction  prévisible  et rapidement consommée car chargée d’attentes subjectives.

Les œuvres de Renaud-Auguste Dormeuil, Agathe Lievens, Marcus Kreiss, Pia Lindman, Amelia Seymour, Sylvie Ungauer et Virginie Yassef jouent de notre patience et de codes visuels largement connus.
Néanmoins, si l’on se permet à un moment donné de rentrer dans l’univers qu’ils proposent, alors, une toute autre perception du monde s’ouvre à nous.

 

* Urban Screens est une organisation allemande basée à Berlin, fondée par Mirjam Struppek en 2005. Elle étudie le potentiel des réseaux d’écrans dans l’espace public comme vecteur d’un contenu élargi à la sphère artistique et culturelle.